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Camille

Camille Claudel ou la force de création

En créant Camille, Nele Paxinou s’est attachée à une artiste dont la force de création n’avait d’égale que la liberté de pensée. Créer envers et contre tout et tous. Jusqu’à la folie et loin des bigoteries de son frère Paul, écrivain sensible aux honneurs, emberlificoté dans sa foi religieuse, puritain troublé par le désir ! Elle résiste à Rodin qui n’aura de cesse de vouloir la soumettre pour mieux lui voler son génie. Rebelle, elle lui imposera son refus d’être une amante parmi ses autres modèles. Résistante dans un monde dominé par les hommes, scandaleuse aux yeux d’une société hypocrite qui ne peut tolérer le génie d’une femme ni sa liberté sexuelle, elle sera vaincue par une mère autoritaire et une médecine de classe qui l’interneront.

Comme Camille Claudel, Nele Paxinou se sera battue toute sa vie pour qu’existe le théâtre le plus mobile de la Communauté française, un théâtre populaire itinérant de ville en ville avec son chapiteau, ses roulottes et ses camions au nom des Baladins du Miroir. Une vie de théâtre magnifique ponctuée par des créations de théâtre forain inoubliables ! Et, au soir de sa vie, la rage de créer la démange toujours. Hors des Baladins du Miroir qu’elle a fondés, ce fut d’abord Lettres à Elise, les échanges épistolaires d’un Poilu de la Grande Guerre et aujourd’hui Camille Claudel qui a touché les 450 spectateurs de notre théâtre en cette soirée d’automne où le froid et le vent retrouvés n’ont découragé personne.

Camille Claudel est une réussite. La scénographie, les images projetées, les danseurs comme échappés du marbre, la composition musicale de Pascal Charpentier dont le violoncelle omniprésent offre un écrin au jaillissement des sculptures, s’harmonisent avec le texte de François Ost sublimé par le jeu des comédiens.