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Belem & The Mekanics

mardi 13 novembre, 13h30

Durée : 1h30
P.A.F. : 5€
Espace Théâtre
Dossier d’accompagnement
Rencontre-débat avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation

Priorité aux classes de 2e et 3e secondaires

Didier Laloy (accordéon diatonique)
et Kathy Adam (violoncelle)
compositions et arrangements : Walter Hus et Didier Laloy

Les Thèmes
Musique, découverte d’instruments mécanisés, arts numériques

Un violoncelle, un accordéon et un orchestre mécanique

Un accord de violoncelle, grave et soutenu. S’y adjoignent des accords d’accordéon diatonique. Puis soudain, ça s’emballe. Des percussions frappent le rythme, des timbres d’orgue, de trompettes, de hautbois, d’altos s’insèrent dans les mélodies, le vibraphone et les woodblocks sonnent, les cuivres prennent de la puissance, des tubas ou des trompes marines bourdonnent. Et pourtant, ils ne sont que deux sur scène.

Il y a Kathy Adam au violoncelle et Didier Laloy à l’accordéon. Personne d’autre. D’où vient alors cet ouragan sonore qui peut, à certains moments, se transformer en brise d’été ? D’où vient cette richesse de couleurs, de timbres, de sons ? D’un orchestre mécanique. Sur scène, il est déployé autour du duo, qui, depuis longtemps, a pris le nom de Belem.

C’est une infinité de tuyaux, qui produisent des sonorités diverses. On les appelle violons altos, violoncelles, hautbois, jazz flûtes ou piccolos. Une panoplie de percussions : grosse caisse, caisses claires, toms, woodblocks, vibraphone, cymbales diverses. Et un accordéon solitaire juché sur une sellette. Et pas d’être humain ? Non. Kathy et Didier sont les seuls êtres vivants sur scène.

C’est impressionnant de voir cette machinerie jouer de la musique. Un peu comme si on était au cirque, mais sans grand orchestre. La musique que jouent Kathy et Didier fait d’ailleurs référence au cirque, à Fellini, au folklore, au cinéma. Elle est enlevée, tendre, joyeuse, parfois nostalgique comme les clowns, parfois caracolant comme une parade de chevaux. On s’y attache comme à des souvenirs d’enfance.


On a travaillé deux ans pour finaliser ce projet, explique Didier Laloy. C’est un rêve d’enfant qui a rejailli quand j’ai été boire le thé chez mon ami Jacques Pirard, qui écrit, compose et perce des petits trous pour faire jouer une magnifique petite boîte à musique. Didier Laloy voyait plus grand. Une image lui revenait en permanence : un orchestre mécanique pour Belem. C’est alors qu’il a rencontré Walter Hus. [...]

Ma visite dans son laboratoire organique philharmonique fut incroyable, mon rêve d’orchestre mécanique était non seulement là devant mes yeux, mais en réel, en plus grand, plus fou et encore plus beau. C’est que Walter Hus a découvert depuis plusieurs années les orgues Decap, la version contemporaine des limonaires et autres orchestres mécaniques du XIXe siècle, qui fonctionnaient avec des cartes perforées. Les descendants de cette famille de constructeurs d’orgue ont entamé une énorme révolution technologique.

L’association était là.Walter Hus et Didier Laloy partagent une même folie créatrice. Le projet fou et démesuré qui germait dans leur cerveau devait aboutir. Il a abouti. Walter et Didier ont composé les musiques. Walter et Decap ont mis au point le programme informatique qui commande ces tuyaux, ces câbles, ces lames métalliques et de bois, ces percussions. Le résultat est à la mesure de leur rêve. Enorme ! Et spectaculaire. Quand Didier joue en duo avec l’accordéon chromatique mécanique, par exemple.
Jean-Claude Vantroyen, Le Soir.