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Moutoufs

mardi 29 janvier, 13h30

Durée : 1h40
P.A.F. : 5€
Espace Théâtre
Dossier d’accompagnement Rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation (à confirmer) 

4e secondaire et +

par le Kholektif Zouf

mise en scène : Jasmina Douieb

de et avec Othmane Moumen,
Hakim Louk’man, Myriem Akhediou,

Monia Douieb et Jasmina Douieb

Les thèmes
Identité (et double identité), préjugés, clichés, culture, transmission familiale, souvenir, récit de famille, migrations

L’histoire

Moutoufs. C’est comme ça qu’on les appelait, eux, les Marocains, dans la cour de récré.Aujourd’hui ça les fait rire, mais seulement aujourd’hui. D’autant plus qu’ils sont seulement des semi- Moutoufs. Leur point commun : un père marocain et une mère belge. Et puis, il y a les casseroles qui se battent en duel dans la valise identitaire qu’ils trimbalent tous les cinq. Il se sont réunis pour parler de comment chacun d’eux s’est débrouillé avec le fait d’être Belge mais d’avoir un père marocain, d’être Marocain mais de ne pas connaître l’arabe. Parler de leurs colères héritées et dont ils ne savent plus rien. De la gêne du gène. Du racisme intégré et digéré, comme un virus invisible. Parler du risque d’oublier et de se perdre. Parler de poils sur les bras, de tache originelle, d’exotisme, de saucisson pur porc, d’identité délavée, de couscous, de prépuce, de transmission avortée, de tourisme, de religion, de retour à la Terre... Que restera-t-il de leurs pères ? Que choisiront-ils de transmettre à leurs enfants ? Un spectacle panaché et bigarré, comme eux, enquêtant sur ce Moutouf logé en eux, qui pourrait se résumer en trois mots : où vais-je ?

La presse

D’emblée, les métaphores visuelles fonctionnent à plein régime : de la valise que porte chacun (évoquant tant le voyage des pères que l’héritage des enfants) aux cabines de photomaton (où fusent les injonctions, d’où sortent les portraits indispensables aux documents officiels, et où aussi se réfugier). Décor et costumes, ingénieusement modulables dans leur simplicité, sont signés Renata Gorka, alors que les mouvements du plateau sont traversés d’images vidéo, surgissant du passé ou donnant un visage à la voix des pères.

Il y en a, des voix, dans "Moutoufs" : récits entremêlés, paroles incarnées, interprétations détournées, doutes assumés. Et tous ces fils à démêler... Qui est-on quand on ne parle pas la langue de son père ? Que transmet-on à ses propres enfants de leurs racines plurielles ? Que privilégier pour construire une identité ? Qu’est-ce qu’on laisse se délaver ?
Marie Baudet, La Libre Belgique