Le Roi se meurt


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Le Roi Bérenger se meurt. Il refuse d’accepter sa fin imminente, niant la fatalité pour finalement s’y résoudre, apprenant à se délester de ses illusions.

Rêve ou cauchemar que ce Roi se meurt, écrit en 1962 par Eugène Ionesco ? On imaginait mal Christine Delmotte mettre ses pas dans les didascalies du maître de l’absurde : ”Une salle de trône, vaguement gothique, vaguement délabrée... un roi en manteau de pourpre, couronne sur la tête...” Mais l’usure du royaume sera bien présente par ce grand portrait du Roi Bérenger, en fond de scène, qui vire à l’abstraction, se dissout, par le bruitage aussi.

Le roi de Delmotte joue torse nu, pieds nus, en jeans, et quand il parle de ramasser sa couronne, il ne saisit que du vide. Ce roi-là, à qui on annonce sa mort dans une heure trente, ”à la fin de la représentation”, ne peut imaginer de quitter la vie : ”Pourquoi je suis né si ce n’est pas pour toujours ?” Il se révolte, il passe de la pitrerie à la méditation, il panique, se réfugie dans le rêve, il est tragique, enfantin, tendre et cruel, son corps parle, hurle, se démembre, sculpté, taillé superbement par les lumières de Nathalie Borlée.

”Je ne suis fait que de nœuds qui résistent”, dira Bérenger 1er, et toute la pièce servira à les dénouer, à accepter de se détacher de la vie, du pot-au-feu comme du droit de vie et de mort sur ses sujets. Apprivoiser l’idée de la mort. Un chemin proche des philosophies orientales qui passionnent Christine Delmotte depuis longtemps et qui subjugue, en dépit d’un texte un peu bavard, même avec quelques coupures. Question de rythme et de mélange des tonalités bien dosées, tout en fluidité.

Cet Ionesco-là s’éloigne de La cantatrice chauve, de La leçon, renoue davantage avec le Shakespeare du Roi Lear, un Ionesco des plus humains, terrifié lui-même par l’idée de la mort qu’il avait frôlée quelques années avant d’écrire le Roi se meurt. Alors il n’ose plus en rire autant, même si le sarcasme, le burlesque resurgissent encore çà et là.
Michèle Friche – Le Soir

 

 

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