Un Homme debout

MARDI 25 OCTOBRE, 13H
MERCREDI 26 OCTOBRE, 10h

Durée: 2h (spectacle + débat indissociables)
P.A.F.: 5€ Espace Théâtre (300 places)
Dossier d’accompagnement
Activités didactiques et participatives en cours d’élaboration
Pièce reconnue d'utilité publique par le Ministère de la Culture

4e secondaire et +

"J'ai payé la solde de ma dette à la justice. Pas à la société. Dans mon sac-à-dos, ces deux victimes-là, le vieil homme et le gendarme, je les porterai jusqu'au bout de ma vie". Jean-Marc Mahy

d’après le récit de vie de Jean-Marc Mahy
par le Théâtre de l’Ancre
en coproduction avec le Théâtre National de la Communauté française
et la Maison de la Culture de Tournai
écriture et mise en scène : Jean-Michel Van den Eeyden
création vidéo : Kurt D’Haeseleer
scénographie : Jean-Luc Moerman
avec Jean-Marc Mahy et Stéphane Pirard

Le spectacle

A 36 ans, Jean-Marc Mahy commençait enfin sa vie. En prison depuis l’âge de 17 ans, l’autonomie, la liberté, la société : tout lui était étranger... Son urgence aujourd’hui ? Faire en sorte que d’autres jeunes ne connaissent jamais son expérience, que d’anciens détenus s’en sortent une fois "sortis"... Ses outils ? Parler de son parcours, de la prison, d’un avenir possible dans une société qu’il aimerait plus solidaire, plus à l’écoute, où la solution carcérale serait davantage instructive et constructive que sanitaire, sécuritaire et destructrice.

Créé en 2010, Un Homme debout a été joué près de 300 fois. Bousculant les tendances à la victimisation et la déresponsabilisation, cette pièce entend questionner avec pertinence le comportement de chacun et ses valeurs, et au-delà de la prévention, ouvrir le débat sur la prison et sur la question de la réinsertion. C’est pourquoi un moment de dialogue avec les spectateurs est prévu à l’issue de la représentation.

Dans une forme proche de la performance (où le filtre du personnage n’existe pas), le metteur en scène Jean- Michel Van den Eeyden offre ici une autre dimension à cette parole singulière et généreuse, en lui adjoignant d’autres points de vue et regards, grâce au travail du vidéaste flamand Kurt d’Haeseleer.

La presse

Ne cherchant pas à jouer, Jean-Marc Mahy revit pour nous son histoire, déterre des souvenirs, replonge dans les moments de détresse les plus profonds pour dénoncer cette prison, ce "tombeau", loin du glamour des Prison break et autres mystifications de l’univers carcéral [...] Avec un feu troublant dans le regard, il captive les spectateurs, adolescents en premier, pour une immersion en enfer dont on ne revient pas intact. Catherine Makereel, Le Soir.

De la prison à la scène

Où qu’il aille, Jean-Marc Mahy n’a de cesse de témoigner de son expérience et des conclusions qu’il en a tirées : à ceux qui le croiraient encore, il explique que la prison ne rend pas homme ; à ceux qui en ont fait l’expérience, il assure qu’une vie est possible après la prison. Toutes les portes ne sont jamais définitivement fermées, chacun est en mesure de remonter la pente de la vie, marche après marche.

Son combat est d’aider les détenus à imaginer un avenir digne de ce nom : On ne parle pas assez des détenus qui s’en sortent. Les détenus eux-mêmes, eux surtout peut-être, doutent qu’il soit possible de s’intégrer dans une société que l’on a quittée il y a si longtemps. Il est important de leur montrer qu’il y a une vie après la prison. Bien sûr, cette vie n’est pas facile, mais elle existe. Il est possible de trouver une autre issue que la récidive. Seulement, cela se prépare. Il faut y penser longtemps avant de pouvoir sortir. Il faut se former, réfléchir à ce que l’on veut faire.

Par ailleurs, Jean-Marc Mahy a décroché un diplôme d’éducateur. Il veut empêcher les jeunes en difficulté de tomber au fond du trou. Pour cela, il témoigne dans des écoles, des maisons de jeunes, des IPPJ, des universités...

L’ex-ministre de la Justice disait que les détenus devaient quelque chose à la société. C’est vrai. Mais pour cela, eux- mêmes doivent avoir reçu quelque chose. J’essaie de donner un sens à ma vie et de ne pas tuer mes victimes une seconde fois. Je ne demande pas que l’on me pardonne. Je paie le solde de ma dette.