Un fils de notre temps

MARDI 11 OCTOBRE, 13H30

Durée : 1h30
P.A.F. : 5€
Espace Théâtre
Dossier d’accompagnement

A l'issue de la représentation, rencontre-débat avec l'équipe artistique et Mathieu Léonard de "Annoncer la Couleur".

5e secondaire et +

texte, scénographie
et mise en scène : Hamadi
par la Compagnie Hamadi
avec Marwane El Boubsi
lumières : Fred Nicaise
musique : Michel Rorive
voix : Morgiane El Boubsi

Le spectacle

Un jeune homme d’une vingtaine d’années revient de ce que l’on a communément l’habitude d’appeler le "djihad".

Devant nous, il se livre avec humour, nous prend à témoin, se rit et nous fait rire de choses terribles. Cette légèreté nous glace et nous terrifie à la fois mais elle nous donne aussi, d’une certaine manière, les clés de ce qui nous paraît inexplicable.

Comment un jeune fils de notre pays, élevé ici, instruit dans nos écoles, peut-il se retrouver emporté dans la tourmente de combats terribles qu’il considère pourtant comme les siens? Comment parler de ces situations? Comment les comprendre? Que tenter pour endiguer ce que d’aucuns qualifient de folie ?

Si le spectacle n’apporte aucune réponse à ces questions, il nous pousse à réfléchir autrement à ces événements et à ne pas nous laisser emporter par la rassurante parole unique, médiatique et politique, qui nous dit que le monstre c’est toujours l’Autre. 

La presse

Le texte provocateur d'Hamadi n'est pas lourd. Il est grave au sens argotique, parce que volontairement trop, parce que drôle, exagéré, mais cette exagération fait réfléchir. On rit beaucoup et longtemps des saillies de Khalid, de sa façon de jouer des clichés de l'Arabe de Molenbeek, faisant le Maghrébin fanfaron, outrancier, auquel le juge, et donc nous le public, s'attend. Et puis non, quand c'est sérieux, il se transforme, devient le garçon posé au langage châtié comme lui. Et le masque de la comédie tombe pour laisser place au parcours sérieux, au vrai tragique.

Dans ce texte, sans temps morts mais pas sans victimes, écrit par son père, Marwane El Boubsi est époustouflant, interprétant aussi bien une gauchiste révolutionnaire tendance sexuelle qu'un gros militaire idiot ou un chef de cellule salafiste crétin. Son corps et surtout son visage se révèlent d'une plasticité de pâte à modeler. Ses imitations de ministre flamand, de chasseur ardennais ou de recruteur islamiste sont hilarantes et sa personnification du jeune candidat belge au djihad très crédible. Et quand il campe ce combattant quittant son uniforme de rigolo pour redevenir lui- même, le combatif Marwane-Khalid se révèle... désarmant.
Bernard Roisin, L’Echo.