L'enfant sauvage

JEUDI 23 FÉVRIER, 13H30

Durée : 1h10
P.A.F. : 5€
Espace Théâtre (400 places)
Dossier d’accompagnement

Rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation (à confirmer)

Un jour, j’ai demandé à un jeune s’il avait une famille d’accueil et il m’a répondu : "Ben non, je suis laid !". Je compris alors qu’il n’y avait pas de familles d’accueil pour tout le monde et me suis dit que le spectacle pourrait ressembler à cela : à un homme ordinaire qui devient père d’accueil et qui nous parle de l’enfant. Céline Delbecq

4e secondaire et +

de Céline Delbecq
par la compagnie de la Bête Noire
mise en scène : Céline Delbecq
création sonore : Pierre Kissling
création lumières et régie : Clément Papin

scénographie : Delphine Coërs
assistants à la mise en scène : Charlotte Villalonga et
Gaëtan D’Agostino
avec Thierry Hellin

Le spectacle

On a trouvé une enfant sauvage sur la Place du jeu de balle. Ses cris s’entendaient de loin ; on la voyait se mordre et saliver comme une bête. Au milieu de la foule et de l’indifférence, un homme s’intéresse à elle, tente de l’arracher à l’oubli. Il s’appelle "un homme", ça aurait pu être un autre. Ce qu’il nous raconte, c’est la réalité qu’il découvre derrière les mots : accueil d’urgence, juge, famille, père, enfant, administration, adoption, home...

Dans ce monologue poignant, Céline Delbecq nous fait pénétrer une réalité qu’elle connaît bien. Elle a travaillé dans le monde des "enfants du juge". Ils ont entre 3 et 9 ans. Je me souviens de ce petit garçon qui, du haut de ses 7 ans, a serré les poings contre un policier croisé au hasard d’une rue : "C’est pas vrai ! C’est pas vrai ! Mon père a pas tué ma mère !". Maman morte, papa en prison, du jour au lendemain, placé en institution. Ensuite, elle a travaillé dans le monde des "adolescents placés par le juge". Toujours bénévolement.

Mais comment parler d’eux sans parler de leurs parents ? Sans qu’ils ne soient "fils de" ou "filles de" ?

Un jour, j’ai demandé à un jeune s’il avait une famille d’accueil et il m’a répondu : "Ben non, je suis laid !". Je compris alors qu’il n’y avait pas de familles d’accueil pour tout le monde et me suis dit que le spectacle pourrait ressembler à cela : à un homme ordinaire qui devient père d’accueil et qui nous parle de l’enfant. Il me semblait que si la petite fille pouvait parler, on lui poserait des questions sur ses parents. C’est comme ça qu’est née l’écriture de L’Enfant Sauvage.

La presse

Trouvé sur la place du Jeu de Balle, à la fin du marché, "L’Enfant sauvage" est l’un de ceux-là. L’homme raconte : la découverte, les cris de bête, l’hôpital, les procédures, les chaises et les couverts dont la petite devra apprendre l’usage, l’assistante sociale, les contrôles, les regards, le dossier, le manque. Sa colère aussi, lui que souvent les réponses ou l’inertie auxquelles il est confronté font "voir rouge".

En ôtant l’enfant du plateau, en le faisant exister par la seule parole de l’homme - et les sons de Pierre Kissling, les lumières de Clément Papin, la scénographie de Delphine Coers -, paradoxalement Céline Delbecq lui redonne la valeur de sujet, le remet au centre de sa propre histoire.

Ceci n’est pas un plaidoyer. Pas seulement. Mais un monologue vivifiant, oscillant entre dureté extrême et tendresse absolue. L’Enfant sauvage contient - en à peine 1h10 - ce que le théâtre et la littérature offrent de vital, de bouleversant, de nécessaire : du sens. Marie Baudet, La Libre Belgique.